Ma femme est d'humeur généralement massacrante lorsqu'elle rentre du travail.

J'ai commencé par le début, c'est à dire par lui demander si c'était lié à moi. Sa réponse fut claire que non et cela confortait ma propre analyse. Je ne voyais pas ce qui dans mon comportement ou mes propos puisse susciter cette mauvais humeur en réaction. mais il faut toujours commencer par éliminer les problèmes dont je serais la cause. Si tel avait été le cas, j'aurais changé mon comportement; essayé de faire ce qu'il fallait pour résoudre le problème. Non. Rien de sérieux, elle s'agace et s'énerve sur des broutilles.

Le repas n'était pas tout à fait prêt lorsqu'elle arrive. Certes il est en train de cuire et il fallait encore quelques minutes...

Cela dit, est ce une raison pour être désagréable avec moi et son dernier fils ?Cela ne dure pas très longtemps, environ 30mn j'ai mesuré ce temps. Il est relativement stable. Cela n'arrive pas à chaque fois; mais suffisamment fréquemment pour que j'en ai marre et prenne la décision de faire quelque chose. Pour mon confort et ma tranquillité d'esprit j'aimerais la voir de meilleure humeur.

J'avais envie de changer son comportement. Elle est adorable et tendre, très à l'écoute de moi, avec beaucoup de bienveillance la plupart du temps. Elle fait attention à moi avec énormément de respect et d'attentions.Son mode de communication par défaut n'est pas celui d'un adjudant chef faisant le tour du dortoir. J'avais donc espoir qu'elle change. J'ai eu des relations avec des femmes qui avaient ce mode de communication très vite, et le trouvaient tout à fait adapté et normal. J'ai rompu avec elles par conséquent.

Donc la cause était ailleurs. J'ai fait ce que fait tout behaviouriste : une analyse fonctionnelle du comportement - Functional Behavioural Analysis en anglais. La FBA a pour but d'identifier lel comportement à changer : ici, ses ralantes et commentaires désagréables. Il faut donc quantifier le problème après l'avoir décrit En l'occurence, il dure environ 30mn, et se produisait à peu près 3 jours sur 4. Ensuite il faut généralement regarder ce qui s'est passé avant pour comprendre la logique du comportement, pour finalement décider d'un plan d'action pour changer le comportement. Il faut appliquer la séquence comportementale classique : ABC ou Antécédentes, Behaviour et Conséquences.

Commençons par les Antécédents. Cela se produit toujours lorsqu'elle franchit le pas de la porte, rentrant du boulot. A son travail, elle a une pression énorme, un manque d'effectifs criant et des bras cassés. Elle a des raisons objectives pour être tendue. Ses conditions de travail sont réellement difficiles. Cela dit, est ce une raison pour être désagréable avec moi et son dernier fils ?

Puis je changer l'antécédent du comportement ? Non. C'est une chose bien connue, que modifier l'antécédent si c'est possible est souvent la meilleure méthode pour amorcer le changement de comportement.

Puisque je ne pouvais modifier l'antécédent, ma stratégie devait être différentet et travailler sur les conséquences à la place. Pouvoir travailler sur l'antécéden ET la conséquence est le plus efficace. Ne modifier que les conséquences donne des résultats moins rapidement et parfois moins nets.

Bien souvent, et fort naturellement, dans une situation comme celle ci, nous réagissons spontanément et entendons nous défendre. Nous sommes à notre tour désagréable pour que cela cesse. C'est une punition au sens behaviouriste. Cela peut diminuer l'occurence du comportemnet mais cela n'est pas efficace sur le long terme, généralement. J'aurais pu lui faire la gueule les jours qui suivaient pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Cela n'aurait fait qu'envenimer notre relation or j'y tiens.

Je me suis donc retenu de hausser le ton, ce qui n'est pas toujours facile car mon humeur n'est moi même pas toujours merveilleuse le soir après le travail. J'ai ignoré. Je suis allé systématiquement dans une autre pièce pour éteindre son comportement. Lorsque cela allait mieux, au bout de 20 minutes, j'ai été en discuté avec elle et nous en avons parlé. Elle n'en avait pas conscience.Elle le regrettait mais c'était plus fort qu'elle au moment où elle passait le pas de la porte. Elle était sincère visiblement. Elle voulait changer, il me fallait donc l'aider.

J'ai donc été délibérement à l'affut des attitudes positives. J'ai écouté, été tendre, souri et caliné au moindre début d'attitude et communication positive. Au début je me forçais un peu, au début mais le jeu en valait la chandelle pour moi. Elle changeait et réagissait tellement positivement à mon renforcement positive que cela moi même renforcé dans le comportement positif. Nous avions créé une boucle rétroactive de renforcement du comportement.

Le problème est réglé pour mon plus grand bonheur.