Boris Johnson fut l'une si ce n'est la figure de proue des Brexiteers, partisans de quitter l'Union Européenne et voter en ce sens lors du référendum. 52% des sujets de sa très gracieuse majesté l'ont suivi et reste désormais à définir les modalités du divorce. Les arguments invoqués par Boris Johnson méritent d'être analysés de plus près car ils s'inscrivent dans une logique britannique libérale qui remonte elle même à Burke et est pétrie de la pensée anglaise (et non pas purement britannique) contemporaine, issue de l'empire et des deux guerres mondiales. Elle mérite d'être analysée de la manière la plus objective possible pour faire le tri entre sa critique légitime du projet européen et l'égoïsme auto centré anglais pétri des certitudes d'être la civilisation supérieure.

Je pense en particulier à cette interview donnée au journal pro Brexit 'The daily Telegraph' dans laquelle Boris Johnson expliquait que l'Union Européenne et le nazisme, c'était au fond la même chose :  http://www.telegraph.co.uk/news/2016/05/14/boris-johnson-the-eu-wants-a-superstate-just-as-hitler-did/

Boris Johnson a attisé, comme une majeure partie de l'élite conservatrice anglaise, la haine et le mépris de l'Europe. Nous ne devons pas avoir de scrupules dans nos négociations. Les anglais n'en auront aucune. Ils poursuivront leurs intérêts dans l'égoisme angalis le plus caractéristique.Travaillant à Londres depuis bientôt 5 ans, je suis frappé de voir à quel point leur logique est de défendre leurs intérêts. Pour les anglais, c'est à chacun de défendre au mieux ses intérêts. L'éthique est celle de l'utilité et celle du légalisme. Tout ce qui est possible et légal et qui sert les intérêts personnels est moral. Ne l'oublions pas dans les mois et années de négociations qui s'ouvrent.

Mais revenons à ce qu'a dit Johnson dans son interview du 14 mai 2016 en pleine campagne du Brexit. Je me souviens l'avoir lu et immédiatement j'ai eu la conviction que la campagne avait pris un tournant pour le Brexit. Johnson quittait le domaine rationnel pour parler à la fierté, l'arrogance en utilisant une réthorique qui parle aux britanniques plus qu'aucun français ne peut l'imaginer. Ce jour là, le Brexit a gagné. Pour ceux qui maîtrisent pas assez bien l'anglais j'ai traduit ci-dessous l'introduction :

L’Union Européenne poursuit un but similaire à Hitler en essayant de créer un super-État puissant, dit Boris Johnson.

Dans une entrevue dramatique avec le Telegraph, il avertit que, tandis que les bureaucrates de Bruxelles utilisent « méthodes différentes» de celles du dictateur Nazi, ils partagent l’objectif d’une Europe unifiée sous une seule « autorité ».

Mais l'échec « catastrophique » de l’UE a attisé les tensions entre États membres et autorisé l’Allemagne à accroitre sa puissance, « annexer » l’économie italienne et « détruire » la Grèce, prévient-il.

« Napoleon, Hitler, diverses personnes ont déjà essayé, et cela s'est terminé tragiquement. L’UE est une tentative de le faire par des méthodes différentes. » a déclaré Boris Johnson

M. Johnson invoque la defiance de l'époque de la guerre de Winston Churchill, exhortant le peuple britannique à être « les héros de l’Europe » encore une fois, le pays libre et sauver l’UE d'elle-même en votant pour le Brexit lors du référendum le mois prochain.

L’ancien maire de Londres, qui est un chercheur passionné d'histoire classique, fait valoir que depuis 2 000 ans l’histoire de l’Europe se caractérise par des tentatives d’unifier l’Europe sous un gouvernement unique pour permettre la récupération perdu « âge d’or » du continent sous les Romains.

« Napoleon, Hitler, diverses personnes essayé ceci dehors, et cela s'est terminé tragiquement, » dit-il.

« L’UE est une tentative de le faire par différentes méthodes.

 Il faut s'en souvenir lorsque nous parlons de négocier les conditions de sortie du Royaume Uni de l'UE.