Je ne prétendrais pas résumer les TCC ou en faire le tour. J'ai davantage envie d'en faire une analyse épistémologique, car il y a une logique sous jacente bien précise des TCC. Il ne s’agit pas d’évoquer les stoïcisme, que j’ai déjà abordé dans un autre billet, il y a déjà quelques années mais d'approfondir. Ce qui m’intéresse c’est d’avantage le type de raisonnement sousjacent à la démarche des TCC et le type de discours qu’il met en oeuvre.

Il s’agit d’une démarche argumentative empirique. Il n’est pas fortuit que ces thérapies soient nées dans le monde anglo saxon, pétri de cette pensée argumentative. La psychanalyse est issue de la philosophie continentale, les TCC de la philosophie logique et argumentative anglo saxone.

Les TCC sont empiriques, non pas seulement parce qu’elles ont une efficacité vérifiable scientifiquement, mais surtout parce qu’elles demandent au patient, la personne qui utilise ces méthodes, de tester et vérifier leurs croyances afin d’en estimer la véracité. La croyance est considérée comme une hypothèse et non pas nécessairement comme une vérité. La question, au coeur du travail cognitif, est de savoir si la croyance est confirmée par des faits ou pas.

Les TCC s’appuient sur une approche logique, assez proche de l’argumentation rationnelle critique. Il y a des faits et des règles d’inférence. La proposition croyance P est vraie si l’expérience la confirme. Si les faits d’expérience, constatés dans le quotidien ou provoqués pour l’occasion, contredisent la proposition croyance, alors la véracité de celle ci est discutable et doit être remplacée par une nouvelle proposition croyance plus compatible avec le vécu.

Les TCC aident la personne à mettre en place une démarche argumentative interne ; celle ci lui permet de corriger d’elle même sa compréhension des autres et des relations sociales. Les TCC font en effet l’hypothèse que c’est cet écart et décalage entre représentations et faits d’expérience qui sont la cause des souffrances. Là, elles rejoignent le stoïcisme :

« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions qu'ils en ont. Par exemple, la mort n'est point un mal, car, si elle en était un, elle aurait paru telle à Socrate ; mais l'opinion qu'on a que la mort est un mal, voilà le mal. Lors donc que nous sommes contrariés, troublés ou tristes, n'en accusons point d'autres que nous-mêmes, c'est-à-dire nos opinions »
Manuel d’Epictète