La mémoire est encore très mystérieuse et incompréhensible dans son fonctionnement. Elle fait l'objet de nombreuses recherches de la part de neurologues et psychiatres. N'étant ni l'un ni l'autre, mais fasciné par le sujet je l'explore par mes voies à moi : mon expérience, mes lectures, certains films et récits. La mémoire est directement liée aux émotions, j'en suis intimement persuadé, même si je ne peux le démontrer.

Dans les situations de stress intenses, dans des débordements émotionnels pénibles, de peur et de souffrance intense, la mémoire s'altère. Comme si l'émotion intense obligeait l'être à utiliser toute l'énergie pour réguler ce débordement, et que par voie de conséquence, aucune place n'était laissée à la mémoire. Il reste un trou, comme un membre amputé fait encore souffrir. L'émotion pénible a laissé une trace dans cerveau et système nerveux à laquelle aucune représentation n'est associée.

La mémoire traumatique reste suspendue dans le vide, dissociée du reste de la vie et du sens que chacun lui donne. C'est une mémoire absurde, qui n'a pas de sens et sur laquelle on n'a pas prise. Plus qu'une mémoire inutile, une mémoire qui absorbe l'énergie de celui qui souffre, comme un parasite qui n'en est pas un, un parasite qui est devenu nous même.Nous avons des morceaux, des bouts ou de grands blancs inexplicables, des trous qui ne s'expliquent pas et resteront à jamais à la fois externes à nous mêmes et au cœur de ce que nous sommes.